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LETTERS / LETTRES
 
TRAUMATISMES SECONDAIRES À LA CHUTE DU HAUT D’UN ARBRE

TRAUMA SECONDARY TO FALLS FROM TREES


  1. Service de Neurochirurgie, Hôpital Central de Yaoundé
  2. Service de Neurologie, Hôpital Central de Yaoundé
  3. Service de Radiologie et d’Imagerie Médicale, Hôpital Central de Yaoundé
  4. Centre de Coordination et d’Accueil des Urgences, Hôpital Central de Yaoundé.
  5. Département de chirurgie, Faculté de Médecine et des Sciences Biomédicales Université de Yaoundé I

E-Mail Contact - DJIENTCHEU Vincent de Paul : vincent_djientcheu (at) yahoo (dot) com


SUMMARY

Lesions secondary to falls from trees are frequent in the tropics but only few reports do exist. We undertook a descriptive study in 57 patients received in 3 hospitals of Yaounde, to determine the epidemiological factors, types of lesions incurred and the risk factors, during falls from trees. There were 53 males (93%) and the most frequent age group was the 11-20 year range (35.1%), made up mainly of students (47.37%) and farmers (29.82 %). The mango and palm trees were the most implicated trees (42.1% and 28.1% respectively). Spinal (15 cases) and craniocerebral (5 cases) lesions were the most frequently observed and the latter were responsible for 80% of the mortality. Morbidity related to spinal lesions with paraplegia was of poor prognosis. Patient management was limited by poverty and siphoning of patients by traditional medicine. The authors analyse the risk factors and propose preventive measures.


Mots clés: Afrique, Arbre, Cameroun, Chute, Taumatisme du rachis, Traumatisme crânien, Afrique, Cameroon , Falls, head injury, Spine injury, Trees

Les traumatismes secondaires à la chute du haut d’un arbre sont des pathologies fréquemment rencontrées en milieu hospitalier dans certains pays en voie de développement comme le Cameroun. Ils représentent environ 1/3 des traumatismes du rachis (2). Cette pathologie reste très peu rapportée (1, 3). Les auteurs analysent les facteurs épidémiologiques dans une série prospective de 57 malades recrutés dans les hôpitaux de Yaoundé sur une période de un an et propose une stratégie de prévention. L’age moyen des patients était de 30 ans (les extrêmes entre 7 et 82 ans). La tranche d’âge la plus exposée était celle comprise entre 11 et 20 ans (35,1% des patients). Le sexe masculin était prépondérant (93% avec un sexe ratio de 13 :1). Il s’agissait dans la majorité des cas des élèves (47,37%), puis de cultivateurs (29,82 %), des sans emploi (12,28%), 2 maçons (3,51%), un tôlier, un chauffeur, un retraité et une ménagère. La plus part des patients étaient issue du monde rural et résidaient dans les environs de la ville de Yaoundé. 2 patients seulement venaient des régions éloignées du Cameroun (province de l’ouest Cameroun). Le manguier était l’arbre le plus incriminé (42,1%), suivi du palmier à huile (28,1%), de l’ avocatier (12,5%) ; du prunier (8,77%) ; du cocotier (1,75%) ; du goyavier (0,02), de l’ oranger (0,02) et d’un arbre non fruitier. Dans la majorité des cas, le grimpeur recherchait le fruit de l’arbre ou le bois. Dans le cas du palmier à huile, le grimpeur récolte le fruit (noix de palme) ou le vin de palme. La hauteur moyenne des arbres était de 4 mètres (extrêmes variant de 2 à 30 mètres). La cause directe de la chute était la glissade dans 21 cas (36,8%), le bris de branche d’appui dans 10 cas (17,5%), un faux pas dans 2 cas (3,5%), la distraction dans 3 cas (5,3%), la percussion du grimpeur par une branche coupée dans 2 cas, la mauvaise appréciation du saut d’une branche à l’autre dans 2 cas et un cas de piqûre par une fourmi. Dans le cas spécifique du palmier à huile, la chute était due principalement à la rupture du cerceau dont le matériel était usé dans 9 cas (soit 15,8%) ou au dé bricolage du cerceau dans 2 cas (3,7%). Dans 3 cas, la cause était indéterminée. L’atterrissage s’était faite par l’extrémité caudale du corps (20 cas) avec impact sur la région fessière ou le dos ou l’extrémité rostrale (11 cas) avec impact sur la tête. Certains patients ont signalé un choc en décubitus ventral avec impact sur la poitrine (2 cas), sur le ventre (9 cas), les membres supérieurs (4 cas), ou en décubitus latéral (8 cas). 5 patients ont été amortis au cours de la chute par une branche plus bas située du même arbre ou par une autre plante ou objet au sol. Dans 4 cas, le point d’atterrissage était indéterminé. Les lésions observées étaient essentiellement les lésions du rachis (15 cas), les traumatismes crâniocérébraux (TCC : 5 cas), ou des lésions moins graves telles que les fractures des membres (isolées dans 13 cas ou associées dans un cas à une fracture du rachis) ou les contusions abdominales. Les lésions axiales résultent souvent des chutes de hauteurs élevées, contrairement aux lésions des membres. Les lésions du rachis [fracture tassements essentiellement (75%) ou rarement fracture-luxation (25%)] concernaient essentiellement la jonction dorsolombaire [atterrissage par les fesses : fracture L1 (25%), D12 (25%)] et rarement le rachis cervical [atterrissage par la tête : C5 (8%), C2 (25%)]. Les autres lésions étant rares ( L2, L4, D9 et D10). Dans la série, la mortalité à court terme était de 8,8 % (4 cas de TCC et 1 cas de traumatisme abdominal avec hémopéritoine). Les chutes du haut d’un arbre sont des accidents dangereux et fréquents au Cameroun. C’est une pathologie probablement spécifique des régions forestières où le climat est favorable au développement des arbres fruitiers de grande taille et où les conditions socio-économiques pousseraient les populations à grimper à la recherche des fruits, de l’huile, du vin ou du bois. La mortalité est liée aux lésions crâniocérébrales (mortalité de 80% : 4 cas sur 5) alors que la morbidité est associée aux lésions rachidiennes (9 cas de paraplégie de mauvais pronostic). Les auteurs proposent 3 stratégies de prévention : sélection des semences d’arbres fruitiers de petite taille, l’utilisation des cerceaux modernes ou en caoutchouc pour grimper les palmiers à huile et la cueillette de mangues avec un outil moderne.

REFERENCES

  1. ADELOYE A. Neurosurgery in Africa. Ibadan University Press 1989: 253-71.
  2. DJIENTCHEU V DE P, NJAMNSHI AK, DONGMO L et al: Epidemiology and management of injuries to the spine and spinal cord in the Yaounde Central Hospital : The need for a more concerted effort. Health Sciences and Disease 2001; 2 (June) : 5-10.
  3. KRAUS JF. Epidemiological aspect of spinal cord injury : A review of incidence, prevalence, causes and outcome. In Central nervous system trauma status report, edited by Dp Decker and J Povlishock . National institute of health. : 313-325, 1985.


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ISSN: 1992-2647