AJNS
EDITORIAL
 
DE LA RECHERCHE SUR L’ACCIDENT VASCULAIRE CEREBRAL…



  1. CHU de Bouaké/Université Alassane Ouattara-Bouaké (Côte d’ivoire)

E-Mail Contact - KOUAME-ASSOUAN Ange- Eric : angeerickouame@gmail.com


Deux mille Vingt-cinq, une nouvelle année, un nouveau numéro…

Notre revue renaît progressivement d’une transition ardue pour le plus grand bien de la recherche africaine en neurologie. La rédaction a été modifiée et modernisée avec un début de professionnalisation qui devrait permettre – c’est notre souhait – un délai raccourci d’évaluation des manuscrits soumis et des parutions régulières dans les délais prescrits.

Dans ce contexte, encore une fois, l’Accident Vasculaire Cérébral (AVC) est le sujet de prédilection des neurologues africains. Avec plus de 11 millions de nouveaux cas chaque année dont la majorité dans les pays à revenu faible incluant la plupart des pays d’Afrique subsaharienne (GBD 2021) (1), cette affection occupe la première place des hospitalisations dans tous les services de neurologie générale du continent. Après standardisation à l’âge, l’incidence varie ainsi globalement de 140 à plus de 218 nouveaux cas/100 000 habitants/an (1).

Cette grande fréquence est illustrée encore une fois au Bénin et au Gabon par des données hospitalières probantes avec des chiffres de 51 à 64% des hospitalisations en neurologie. En plus d’être particulièrement fréquente, elle est aussi parmi les plus sévères en termes de mortalité, de handicap, et d’altération de la qualité de vie, même si les études récentes semblent montrer une baisse de la létalité hospitalière des AVC. Peut-être faut-il le rapporter à la meilleure connaissance des facteurs de mauvais pronostiques locaux qui sont largement et de plus en plus identifiés : le caractère hémorragique, la sévérité initiale jugée sur le score du NIH ou sur le degré d’altération de la conscience, mais aussi les mauvaises conditions de transfert à l’hôpital. La baisse de la mortalité pourrait aussi être en rapport avec l’amélioration de la qualité de la prise en charge qui se traduit en Afrique subsaharienne par l’avènement, bien qu’encore modeste d’unités neurovasculaires, dont celle de Libreville est la dernière en date, et par la pratique croissante de la thrombolyse intraveineuse à la phase aigue des AVC ischémiques. Quelques cas couronnés de succès sont ainsi rapportés à Nouackchott, comme cela l’a été par le passé à Brazzaville, à Mombassa, à N’Djamena ou à Abidjan.

Au-delà de ces données publiées qui sont similaires à de nombreuses autres publiées précédemment sur les mêmes thématiques, il importe sans doute d’approfondir les recherches sur l’AVC en Afrique subsaharienne en s’intéressant à ses spécificités de sorte à fournir des données « africaines » sur les causes probablement plus fréquentes qu’ailleurs – on peut citer dans ce cadre le web carotidien ou l’athérome intracrânien par exemple – ou sur les conditions particulières de prise en charge et leurs résultats, ou encore sur des facteurs de risque particuliers et leurs impacts, et pourquoi pas, des essais thérapeutiques.

Des études en population sur les facteurs de risque, sur les croyances limitant leur dépistage et leur prise en charge efficace, sur les mesures thérapeutiques particulières mises en œuvre dans ce cadre (sensibilisation, action des agents de santé communautaires, usage des applications sur smartphones…) seront les bienvenues pour l’actualisation des données sur cette pathologie dévastatrice sous nos tropiques.

African Journal of Neurological Sciences se fera fort de relayer de telles données nouvelles !

Bonne lecture et excellent année scientifique 2025 !

Two thousand Twenty-five, a new year, a new issue…

Our journal is gradually reborn from an arduous transition for the greater good of African research in neurology. The editorial staff has been modified and modernized with the beginning of professionalization which should allow – this is our hope – a shortened time for the evaluation of submitted manuscripts and regular publications within the prescribed deadlines.

In this context, once again, Cerebrovascular Accident (CVA) is the favorite subject of African neurologists. With more than 11 million new cases each year, the majority of which are in low-income countries including most countries in sub-Saharan Africa (GBD 2021) (1), this condition ranks first in hospitalizations in all general neurology departments on the continent. After age-standardization, the incidence thus varies globally from 140 to more than 218 new cases/100,000 inhabitants/year (1).

This high frequency is illustrated once again in Benin and Gabon by conclusive hospital data with figures of 51 to 64% of hospitalizations in neurology. In addition to being particularly common, it is also among the most severe in terms of mortality, disability, and alteration of quality of life, even if recent studies seem to show a decrease in hospital case fatality of strokes. Perhaps it should be related to the better knowledge of the factors of poor local prognosis that are widely and increasingly identified: the hemorrhagic character, the initial severity judged on the NIH score or on the degree of alteration of consciousness, but also the poor conditions of transfer to hospital. The decline in mortality could also be linked to the improvement in the quality of care, which is reflected in sub-Saharan Africa by the advent, although still modest, of neurovascular units, of which the one in Libreville is the latest, and by the increasing practice of intravenous thrombolysis in the acute phase of ischemic strokes. A few successful cases have been reported in Nouackchott, as has been done in the past in Brazzaville, Mombassa, N’Djamena and Abidjan.

Beyond these published data, which are similar to many others previously published on the same themes, it is undoubtedly important to deepen research on stroke in sub-Saharan Africa by focusing on its specificities in order to provide « African » data on the causes that are probably more frequent than elsewhere – we can mention in this context the carotid web or intracranial atheroma for example – or on the particular conditions of care and their results, or on particular risk factors and their impacts, and why not, on therapeutic trials.

Population-based studies of risk factors, beliefs that limit their detection and effective management, and specific therapeutic measures implemented in this context (awareness-raising, action by community health workers, use of smartphone applications, etc.) will be welcome to update data on this devastating disease in our tropics.

The African Journal of Neurological Sciences will be happy to relay any new data! Happy reading and happy scientific year 2025!


1- GBD 2021 Stroke Risk Factor Collaborators. Global, regional, and national burden of stroke and its risk factors, 1990-2021: a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2021. Lancet Neurol. 2024 Oct;23(10):973-1003. doi: 10.1016/S1474-4422(24)00369-7. PMID: 39304265.

 




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