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INTRODUCTION Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, sur 100 patients hospitalisés, 7 dans les pays à revenu élevé et 15 dans les pays à revenu faible ou intermédiaire contractent au moins une infection associée aux soins, et un patient sur dix en décède en moyenne (12). En Afrique, la prévalence des infections nosocomiales varie de 10 à 60 % (13), avec 16 % en Côte d’Ivoire (7), 34,5 % en République Démocratique du Congo (8), 54,9 % au Sénégal (2) et 9,6 % au Maroc (9). Dans les établissements psychiatriques, bien que moins fréquentes (prévalence de 0,9 %) (4), les infections associées aux soins restent sous-estimées. Elles surviennent pourtant dans un contexte où les patients présentent plusieurs facteurs de vulnérabilité : durées d’hospitalisation prolongées, comorbidités somatiques peu explorées, hygiène parfois difficile à maintenir et accès limité à des moyens diagnostiques et thérapeutiques adaptés (5,6). Au Centre National de Santé Mentale (CNSM) de Libreville, des états infectieux sont régulièrement observés durant l’hospitalisation. Toutefois, les capacités diagnostiques demeurent limitées en raison du plateau technique réduit, ne permettant la réalisation que d’un nombre restreint d’analyses biologiques ni la prise en charge de cas complexes. Cette situation complique la détection précoce, la prévention efficace et la gestion appropriée des infections. Dans ce contexte, la présente étude, dont l’objectif était de déterminer les étiologies et les facteurs associés aux états infectieux chez les patients hospitalisés au CNSM, vise à contribuer à l’amélioration durable des conditions d’hospitalisation et de la qualité des soins chez les patients souffrant de troubles mentaux.
METHODES Il s’agissait d’une étude descriptive transversale réalisée du 1er novembre 2024 au 31 mai 2025 au centre national de santé mentale situé dans le 6e arrondissement de Libreville. Ont été inclus dans notre étude :
N’ont pas été inclus, les patients dont les dossiers présentaient des informations incomplètes. Définitions opérationnelles :
Les données étaient issues des registres d’hospitalisations, des dossiers des patients ainsi que des rapports mensuels du Centre National de Santé Mentale de Libreville. Elles ont été collectées manuellement à l’aide d’une fiche de collecte de données avec comme variables à étudier : âge, sexe, traitement psychiatrique reçu, délai de survenue de la fièvre en fonction de la date d’hospitalisation, réalisation d’analyses biologiques, diagnostics retenus, traitements administrés, évolution, durée d’hospitalisation, pavillon d’hospitalisation. Les données ainsi collectées ont été retranscrites et encodées sur le logiciel Excel 2019 puis exportées et analysées avec le logiciel Epi Info 7.2.6.0. Le logiciel Word 2019 a été utilisé pour la rédaction. Considérations éthiques Cette étude a été conduite conformément à la Déclaration d’Helsinki. Aucune donnée nominative de patient n’a été utilisée. Le consentement éclairé a été obtenu auprès de tous les participants ou de leurs représentants légaux. RESULTATS Sur les 203 patients hospitalisés durant la période d’étude, 18 ont présenté un état infectieux, soit une prévalence hospitalière de 8,9 %. La tranche d’âge la plus représentée était celle de 24 à 34 ans (55,6 %), suivie des 15–24 ans (22,2 %). Les hommes constituaient la majorité des cas (77,8 %), et 66,7 % des patients infectés provenaient des pavillons masculins (Tableau I). Concernant la durée d’hospitalisation, 77,8 % des patients ayant présenté un état infectieux avaient un séjour prolongé (≥ 21 jours). Les antipsychotiques étaient les traitements psychiatriques les plus fréquemment administrés (94,4 %). La survenue de l’état infectieux en cours d’hospitalisation représentait 88,9 % des cas, et le délai médian d’apparition était de 18 jours (extrêmes : 2 à 52 jours). Le paludisme constituait l’étiologie la plus fréquente (83,3 %). Deux patients présentaient une diarrhée aiguë fébrile (11,1 %) et un patient une dermohypodermite bactérienne (5,6 %). Les prises en charge thérapeutiques incluaient un traitement antipaludique à base d’artéméther-luméfantrine dans 83,3 % des cas, ainsi que des antibiothérapies adaptées selon les diagnostics (Tableau II). L’évolution clinique a été favorable pour l’ensemble des patients (100 %), sans cas défavorable enregistré. DISCUSSION La présente étude a permis d’évaluer la fréquence, les caractéristiques et les facteurs associés aux états infectieux chez les patients hospitalisés au Centre National de Santé Mentale (CNSM) de Libreville. Sur 203 patients, 18 ont présenté un état infectieux, soit une fréquence hospitalière de 8,9 %. Ce taux, inférieur aux prévalences rapportées dans les hôpitaux généraux (10 à 60 % selon l’OMS) (13) ainsi qu’à celles observées en Côte d’Ivoire (7), en République Démocratique du Congo (8) et au Sénégal (2), reste néanmoins notable pour une structure psychiatrique où les taux rapportés sont généralement plus faibles. Cependant, comme l’ont souligné Eveillard et al. (4), les difficultés diagnostiques dans ces milieux peuvent conduire à une sous-estimation des infections. Au CNSM, plusieurs facteurs pourraient expliquer cette fréquence. D’une part, l’absence de mise à jour régulière des dossiers en cours d’hospitalisation peut entraîner un recensement incomplet. D’autre part, les limites du plateau technique, notamment l’insuffisance de matériel de surveillance clinique et les difficultés rencontrées par le laboratoire (manque de réactifs, délestages, délais prolongés des résultats), réduisent la capacité de diagnostic rapide et fiable. S’ajoutent à cela un personnel en sous-effectif et vieillissant, ce qui complique la surveillance continue des patients. La survenue majoritaire des états infectieux en cours d’hospitalisation pourrait être liée à la durée prolongée des séjours, aux conditions d’hygiène parfois précaires et à la promiscuité observée dans certains pavillons. Les pavillons masculins (E, F et G) concentraient 66,7 % des cas, ce qui pourrait s’expliquer par des conditions d’hébergement moins favorables et une hygiène plus difficile à maintenir que dans les pavillons féminins. De plus, leur caractère plus ouvert expose davantage les patients aux piqûres de moustiques. Un traitement antipaludique à base d’artéméther-luméfantrine a été administré pendant trois jours dans 83,33 % des cas, avec une évolution favorable dans la totalité des situations observées. Il en a été de même pour les antibiothérapies prescrites dans la dermohypodermite aiguë bactérienne et dans les deux cas de diarrhée aiguë fébrile, dont l’évolution a été satisfaisante respectivement sous amoxicilline–acide clavulanique, et sous ceftriaxone associée à la gentamicine, accompagnée d’une réhydratation pendant sept jours. Ces résultats montrent que, malgré les limites du plateau technique, la prise en charge des infections courantes, en particulier des accès palustres simples, peut être correctement assurée au CNSM. Par ailleurs, il convient de souligner la difficulté persistante de transférer les patients présentant des troubles mentaux vers les structures hospitalières générales. CONCLUSION : Les états infectieux demeurent fréquents en milieu hospitalier, et leur prévalence apparaît sous-estimée dans les structures psychiatriques en raison des capacités diagnostiques limitées. Au Centre National de Santé Mentale, les patients les plus touchés étaient majoritairement des hommes âgés de 24 à 34 ans, avec une prédominance d’hospitalisations prolongées. Le paludisme constituait la principale étiologie, reflétant l’endémicité régionale. Les conditions d’hospitalisation, la promiscuité et l’environnement immédiat semblent également contribuer à la survenue des infections. Le renforcement des mesures de prévention, l’assainissement de l’environnement, la démoustication périodique, la distribution de moustiquaires imprégnées ainsi que la sensibilisation du personnel soignant et d’entretien à l’hygiène hospitalière constituent des actions prioritaires. Par ailleurs, des études menées sur une période plus longue permettraient d’approfondir l’analyse des déterminants des états infectieux sévères et d’améliorer leurs modalités de prise en charge au CNSM. CONFLITS D’INTERET Les auteurs déclarent ne pas avoir reçu de financement pour cette étude. ![]() ![]() Légende : Le tableau décrit le moment de survenue des infections, les principaux diagnostics retenus, les traitements administrés (antipaludiques ou antibiotiques) ainsi que l’évolution clinique. Les effectifs (n) et pourcentages (%) sont fournis pour chaque modalité. Le délai médian de survenue est exprimé en jours. ÉVALUATION DE L’OUTIL NUMÉRIQUE DANS L’OBSERVANCE THÉRAPEUTIQUE DES PATIENTS PSYCHOTIQUES CHRONIQUES AU CENTRE NATIONAL DE SANTÉ MENTALE (CNSM) DE LIBREVILLE, 2023INTRODUCTION Les psychoses chroniques, telles que les schizophrénies et les psychoses paranoïaques, sont des affections mentales graves définies par des caractéristiques cliniques spécifiques et une installation durable. Les schizophrénies se manifestaient par des idées délirantes, une distorsion de la pensée, des hallucinations, une perte du sentiment d’être soi-même, une démotivation, une réduction de l’émotivité, des difficultés cognitives, un comportement anormal et une négligence de l’hygiène personnelle (13, 2). Ces troubles touchent environ 24 millions de personnes dans le monde, soit 0,33% de la population (13), tandis que les psychoses chroniques non schizophréniques concernent 1 à 1,5% de la population (13). Les rechutes fréquentes des psychoses chroniques entraînent une augmentation des hospitalisations, de la morbidité et de la mortalité ; et ces affections impactent négativement la qualité de vie des patients et de leur entourage, tout en augmentant les coûts pour la société. Ainsi, elles représentent un problème de santé publique majeur. La prise en charge thérapeutique de ces pathologies implique une approche médicale, psychologique et sociale, soulignant l’importance de la sensibilisation et de l’éducation des patients et de leurs familles. Le traitement repose principalement sur les antipsychotiques, visant à réduire les symptômes et améliorer le fonctionnement social et l’insertion professionnelle, bien que des symptômes chroniques peuvent persister (2, 6,8,9,11, 14). L’amélioration de l’observance en psychiatrie dépend de plusieurs facteurs : la rationalisation de l’ordonnance, la relation médecin-malade favorisant une meilleure alliance thérapeutique, et l’implication des proches du patient (2, 8,15). Le rôle du médecin est crucial dans l’observance du traitement, malgré une sous-estimation fréquente de cette influence. Les pathologies psychiatriques, contrairement à certaines maladies somatiques peu symptomatiques comme l’hypertension artérielle, présentent des symptômes que le patient souhaiterait voir disparaître, ce qui pourrait favoriser l’observance (2). Dans un contexte de santé confronté à l’épidémiologie croissante des maladies chroniques, l’outil numérique apparaissait comme un prolongement nécessaire offrant au patient un soutien social, motivationnel et technique. Des bénéfices modestes mais réels avaient été rapportés avec des systèmes basés sur l’envoi de SMS ou des applications pour smartphone [1]. Au Gabon, la téléphonie mobile est en pleine extension et compte deux grands opérateurs. L’exercice 2019 a été plutôt favorable au secteur numérique : le nombre d’abonnés en téléphonie mobile est en hausse de +2,1%, tandis que le nombre d’abonnements internet a augmenté de 6,7% [5]. Dans le domaine de la santé, le « projet e-Gabon », vise à accélérer le développement des services de santé électronique (ou « e-santé »). La numérisation des services de santé permettra d’améliorer les soins de base mais aussi l’efficacité du système sanitaire [1,5,17]. L’accès facilité et à moindre coût aux services de santé, ainsi que l’offre généralisée d’applications dédiées à la santé sur les téléphones mobiles (notamment les smartphones), auront un impact sur l’ensemble de la population [17]. Cet outil numérique, largement répandu et facilement accessible, pourrait contribuer à améliorer l’observance thérapeutique chez les patients présentant une psychose chronique suivis au Centre National de Santé Mentale. Cette étude, visait à évaluer l’impact de l’outil numérique dans l’observance thérapeutique chez les patients psychotiques chroniques suivis au CNSM en 2023. MATERIEL ET MÉTHODE Cadre de l’étude L’étude a été conduite au Centre National de Santé Mentale de Libreville (CNSM). C’est le centre de référence public dans la prise en charge des troubles mentaux au Gabon. Il est situé dans la banlieue Ouest au point kilométrique 11 de la ville de Libreville. Type d’étude Il s’est agi d’une étude prospective, interventionnelle, monocentrique, randomisée, contrôlée menée au Centre National de Santé Mentale du Gabon sur une période de trois mois allant du 15 octobre 2023 au 15 janvier 2024. Elle a impliqué deux groupes de patients atteints de psychoses chroniques : un groupe expérimental bénéficiant de soins et de rappels par téléphone mobile et un groupe témoin recevant les mêmes soins sans rappels téléphoniques. Population étudiée L’étude concernait les patients souffrant d’une psychose chronique (schizophrénie, psychose paranoïaque, Psychose hallucinatoire chronique) suivis au Centre National de Santé Mentale (CNSM).
Il a été inclus :
Il n’a pas été inclus :
Il a été exclu:
Déroulement de l’étude
L’outil numérique utilisé au cours de cette étude était l’application FieldSim®. Il s’agit d’une Plateforme web et mobile qui collecte, agrège, traite et stocke des données de diverses sources (satellite, saisies terrains, capteurs, drones, etc.), afin de produire et de diffuser des conseils opportuns, pertinents et individualisés. Il offre trois niveaux d’accès aux informations : (i) un accès web (Cloud) pour la gestion centralisée, (ii) un accès tablette pour les agents de terrain et (iii) un accès mobile pour les utilisateurs finaux.
Les données ont été collectées au moyen d’un questionnaire standardisé conçu par l’équipe du CNSM. Il comportait cinq parties : les données sociodémographiques; les données cliniques; les données thérapeutiques; les données sur les conditions sociales, les données socio-culturelles; les données évolutives.
Une fois le consentement du patient ou de l’accompagnant obtenu, les patients inclus dans l’étude ont été randomisés en deux groupes. La randomisation a été effectuée de manière alternative en orientant de manière chronologique chaque patient inclus à l’un ou l’autre des groupes de l’étude. Le premier groupe correspondait aux patients qui recevaient les messages et éventuellement pouvaient y répondre s’ils le désiraient par SMS. Chaque message envoyé au patient était également envoyé à son tuteur. Il y avait deux types de message :
Les messages étaient envoyés le matin, le midi et le soir car ces moments correspondaient à une forte probabilité de présence des tuteurs à leur domicile. Ces derniers pouvaient ainsi contrôler la prise effective du traitement. Le deuxième groupe ne recevait aucun message. Les patients ont été suivis à intervalle de 15 jours au cours desquels les données cliniques, thérapeutiques et évolutives ont été relevées. Gestions et analyse des données Les données collectées ont été saisies sur un tableur Excel et analysées à l’aide du logiciel statistiques Stata 14. Les variables qualitatives ont été décrites au moyen des effectifs et des proportions et les variables quantitatives décrites avec la moyenne et l’écart-type. Pour l’analyse univariée, la comparaison des proportions a été faite au moyen du test de Chi2 de Mantel Haenszel et les comparaisons des moyennes au moyen du test de Mann-Whitney. Il a été réalisé une régression logistique pas à pas descendante pour rechercher les variables explicatives de l’observance. Dans le modèle initial de cette analyse, les variables indépendantes étaient le sexe, la situation matrimoniale, l’obédience religieuse, la conscience des troubles, l’information sur le traitement, les effets indésirables, le traitement religieux et traditionnelle, le soutien familial et la réception des messages. Le seuil de significativité a été fixé à 0,05. ASPECTS ÉTHIQUES ET REGLEMENTAIRES Il avait été recueilli l’assentiment des participants lorsque leur état clinique le permettait et le consentement des accompagnants (tuteurs). Les données à caractères personnels n’ont pas été exploitées et ont été tenues confidentielles. L’étude avait obtenu l’autorisation du Ministère de la Santé et du directeur du CNSM. CONFLITS D’INTERETS Les auteurs déclarent n’avoir aucun conflit d’intérêts. RÉSULTATS Description des caractéristiques socio-démographiques des psychotiques enquêtés Au total, 63 sujets avaient donné leur consentement, 13 ne s’étaient pas présentés au rendez-vous de suivi. Ainsi 50 ont été retenus pour l’analyse finale (présence aux RDV). Parmi ces derniers, 21 (42%) ont été inclus au groupe qui bénéficiait de l’intervention et 29 (58%) ont été inclus dans le groupe n’en bénéficiait pas. L’âge moyen des participants était de 40,8 (±13,2) ans Les sujets de sexe masculin représentaient (58%) des participants. Le sex-ratio était de 1,38. Le nombre moyen d’enfants à charge était de de 1,4 (±2,7) enfant (Tableau I). ![]() Description des patients psychotiques enquêtés selon leurs caractéristiques cliniques, thérapeutiques et évolutives (Libreville, 2023) Concernant l’observance thérapeutique, 28 (56,0%) des participants ont été catégorisés comme observants. Parmi eux, 16 (57,1%) ont respecté au moins deux rendez-vous sur les quatre prévus. Treize (46,0%) des observants ont maintenu une régularité dans la prise de leur traitement lors de deux rendez-vous consécutifs (Tableau II). ![]() Recherche de lien statistiquement significatif avec l’observance en analyse bivariée. A l’analyse bivariée, la réception de message n’était pas statistiquement associée à l’observance thérapeutique. Il a été retrouvé une association statistiquement significative entre d’une part le soutien familial, la conscience des troubles et d’autre part l’observance thérapeutique (Tableau III). ![]() Recherche de lien statistiquement significatif avec l’observance en analyse multivariée (Libreville, 2023). Au modèle final de l’analyse multivariée, le soutien familial était un facteur favorisant l’observance thérapeutique (OR=9,25 ; IC95% : 1,87-45,70) (Tableau IV). ![]() DISCUSSION : Les limites de cette étude incluent la taille restreinte de l’échantillon, qui s’expliquerait d’une part par la perte de vue de 13 patients et d’autres parts par les difficultés d’adhésion des patients psychotiques chroniques à l’étude. La proposition de réponse aux SMS semblait complexe pour les malades, qui préféraient communiquer directement avec le médecin. Le canal (SMS) utilisé, ne permettait pas d’être proche de leur praticien. Une intervention plus directe, comme des appels téléphoniques, aurait pu être plus efficace. Toutefois en pratique courante, le suivi des patients psychotiques chroniques stabilisés est souvent trimestriel. Cette étude a donc eu pour avantage, une surveillance plus rapprochée (15 jours) et d’expérimenter un outil quotidiennement utilisé qu’est la téléphonie mobile. La population de l’étude était relativement jeune (âge moyen : 40,8 ans). Ces résultats étaient proches de ceux observés dans une étude gabonaise en 2023 (12) et dans une étude nigériane en 2015 (7) qui avait inclus tout type de pathologies psychiatriques. Cette similitude avec l’étude gabonaise pourrait s’expliquer par le fait d’avoir réalisée l’étude dans le même centre de prise en charge. Dans cette étude une prédominance masculine a été observée (sex-ratio :1,3). Ce résultat rejoignait l’observation du recensement de la Direction Générale de la Statistique, le Recensement Général de la Population et des Logements de 2013 du Gabon (RGPL) (4). Au Niger, Maïga avait aussi retrouvé une prédominance masculine dans une étude chez les patients présentant une psychose aigue (10). Cette prédominance masculine dans les psychoses aigues et chroniques pourrait s’expliquer par l’exposition et le surinvestissement dès l’enfance aux charges familiales engendrant des difficultés existentielles (difficultés socio-économiques, augmentation du chômage, consommation de substances psychoactives). Près des ¾ des sujets de l’étude n’avaient pas d’activité professionnelle. En comparaison, Fadare et al. (2015) au Nigeria ont signalé un taux de chômage, de l’ordre de 45% (7). La morbidité de la pathologie psychotique pourrait également expliquer la difficulté à maintenir ou à trouver un emploi. Plus des ¾ des sujets de notre étude n’étaient pas en couple. Des résultats similaires ont été observés dans d’autres pays d’Afrique (10). Le célibat constituerait un facteur de vulnérabilité à la maladie mentale, il exposerait à affronter seul les difficultés quotidiennes. (12). A l’analyse bivariée, la réception de message n’était pas statistiquement associée à l’observance thérapeutique. Ceci pourrait s’expliquer par la courte durée de l’étude qui n’aurait pas permis aux participants d’intégrer l’usage de l’application. Aussi il est de plus en plus observé que les populations délaissent les SMS au profit d’autres applications des réseaux sociaux (Whatts ap) (1, 5, 11). Ce résultat était différent de celui rapporté par Maïga au Niger (10) qui avait montré que l’outil numérique favorisait le respect des rendez-vous. Cette différence pourrait s’expliquer par l’âge des populations des deux études ; celle du Niger étant plus jeune (30,1 ans), donc faisant plus attention aux messages téléphoniques reçus. De plus l’étude nigérienne concernant les psychoses aigues décrites comme temporaires. Aussi Pitrat en France (16) avait relevé que la technologie mobile occupait de plus en plus une place dans le suivi du patient en psychiatrie, améliorant le parcours de soins des malades (16, 17]). La conscience des troubles était statistiquement associée à l’observance thérapeutique. Ceci s’expliquerait par le fait que la conscience des troubles ou insight permettait une meilleure compréhension et acceptation du traitement. Les auteurs expliquaient que lorsque le patient n’a pas ou peu de conscience de sa maladie, l’observance était fortement compromise (3). Correl dans la méta-analyse a observé un manque d’insight fréquent chez les patients présentant une schizophrénie compliquant l’évaluation et le traitement, réduisant ainsi l’observance thérapeutique (2). A l’analyse bivariée et multivariée, le soutien familial était apparu comme le facteur favorisant l’observance thérapeutique. La dispersion de l’intervalle de confiance rendrait cette association relative. Toutefois, dans une méta-analyse portant sur des études réalisées chez des patients présentant une schizophrénie, l’implication familiale était cruciale devant le handicap à long terme et les difficultés fonctionnelles rencontrées par les patients atteints (2). Cette relation avait été aussi retrouvée dans une revue de la littérature réalisée par Corruble et Fusar en France (3, 8)), El Ammouri au Maroc (6). CONCLUSION L’étude réalisée au Centre National de Santé Mentale de Libreville en 2023 n’a pas mis en évidence une association significative entre l’utilisation de l’outil numérique téléphonique et l’observance thérapeutique des patients psychotiques chroniques. En revanche, le soutien familial est apparu comme facteur déterminant l’observance au traitement. L’intégration de stratégies centrées sur l’éducation du patient, et le renforcement de l’implication familiale apparaît essentielle pour optimiser la prise en charge. Des recherches ultérieures seraient nécessaires pour réévaluer l’apport des interventions numériques dans le suivi des psychoses chroniques au Gabon. EFFET DE L’ÉLECTROSTIMLATION MUSCULAIRE SUR LA RECUPERATION POST ACCIDENT VASCULAIRE CEREBRAL CHEZ LES PATIENTS AU CHU CAMPUS DE LOMEINTRODUCTION L’accident vasculaire cérébral (AVC)est défini comme un déficit neurologique d’installation rapide durant plus de 24h, lié à une dysfonction cérébrale focale ou globale, pouvant être mortelle, dont la cause apparente est vasculaire [14]. Les conséquences induites par les AVC sont diverses et multiples. Ils sont l’une des causes les plus fréquentes de décès et d’incapacité des adultes dans le monde [9,20]. Ainsi, environ 80 % des patients victimes d’un AVC souffrent de troubles moteurs qui entraînent généralement une réduction de la force musculaire, de la coordination motrice [7, 6, 2,12]. Sur le plan neurologique, les séquelles invalidantes conduisent à une perte de l’autonomie fonctionnelle et physique [15], dont la cause est la dénervation et l’altération de l’alimentation des tissus musculaires [3]. Sur le plan moteur, les AVC sont à l’origine de la perte des propriétés des muscles, conduisant à la perte des capacités physiques des patients ce qui réduit leur mobilité [18]. La conséquence majeure est la perturbation de l’équilibre et surtout l’incapacité à marcher sans assistance ce qui détermine une vie de dépendance, source de charge socio-économique [13]. La situation se complique avec la situation des pays en développement, marquée par l’insuffisance des structures de soins, doublée par la paupérisation des populations ; Cette situation réduit la possibilité et la facilité d’accès aux soins dans les délais raisonables. C’est dans ce contexte que cette étude se propose à travers une intervention au plus tôt de l’AVC, avec l’utilisation de l’électrostimulation pour évaluer son effet sur la récupération post AVC afin de contribuer à limiter au mieux les conséquences induites par cette pathologie. Cette intervention pourrait aider à maintenir au mieux la vie cellulaire et accélérer le processus de régénération des capacités de fonctionnement du muscle. De plus, en considérant le jeune âge des patients victimes d’AVC en Afrique en général et au Togo en particulier [4], il s’avère important de répondre à la question suivante: Quel est l’effet d’un programme d’électrostimulation musculaire sur les paramètres de la récupération post AVC en phase aiguë et subaiguë chez des patients au CHU campus de Lomé? Pour répondre à cette question, nous affirmons que l’électrostimulation musculaire améliore les paramètres de la récupération post AVC chez les patients AVC en phase aiguë et subaiguë au CHU Campus de Lomé.
Il s’est agi d’une étude transversale, expérimentale à visée analytique, réalisée du 16 décembre 2023 au 30 mars 2024. L’étude a eu pour cadre le service de neurologie du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) campus de Lomé.
1.2.1- Population d’étude Notre population d’étude était constituée des patients victimes d’un AVC et hospitalisé au CHU Campus de Lomé durant la période du 16 décembre 2023 au 30 mars 2024. 1.2.2- Echantillonnage Les sujets de cette étude ont été obtenus par inclusion progressive jusqu’à l’obtention d’un effectif de vingt (20) patients qui ont suivi toutes les phases de l’expérimentation et suivant les critères ci- dessous. 1.2.2.1- Critères d’inclusion Pour faire partie de l’échantillon, les patients devaient être hospitalisés dans le service de neurologie du CHU Campus de Lomé pour un AVC confirmé par un scanner/IRM, donner leur consentement pour prendre part à cette étude, avoir un AVC ne dépassant pas soixante – douze (72) heures, être conscient, des deux sexes et âgés de 18 ans et plus. 1.2.2.2- Critères d’exclusion Dans la mise en œuvre de cette étude, ont été exclus, les patients qui, volontairement ont décidé de ne plus continuer l’étude et ceux qui ont présenté des récidives d’AVC ou présenter de contre-indication à l’application de l’électrostimulation. 1.3- Réalisation de l’expérimentation Il faut préciser avant tout que pour la mise en œuvre de cette étude, nous avons reçu l’autorisation du comité éthique du ministère de la santé, de l’hygiène public et de l’accès aux soins universels, de la direction du CHU Campus ainsi que l’accord du chef du service de neurologie. La présente étude a été réalisée suivant le plan ci-dessous (Figure 1). Dès l’inclusion (j0), la première évaluation a été faite. La mise en œuvre de l’électrostimulation a commencé juste après cette première évaluation et ce à intervalle de trois jours durant la période d’hospitalisation. Après hospitalisation, nous avons continué le suivi à domicile où ils ont continué par bénéficier du programme d’électrostimulation à raison d’une séance hebdomadaire de vingt-cinq minutes durant douze semaines. 1.3.1- Réalisation de l’électrostimulation Pour la mise en œuvre de l’électrostimulation, les figures 2 (a et b) ci-dessous, illustrent sa réalisation. Nous avons utilisé l’électrostimulateur Globus Primium 400 pour cette phase. Les électrodes de taille 40mm/20mm ont été placées sur les points moteurs des muscles vaste latéral, vaste médial, droit fémoral et du tibial antérieur pour les muscles de la face antérieure de la jambe pariétique ; du semi membraneux, du semi tendineux et du gastrocnémien pour la face postérieure. Nous avons utilisé le programme de renforcement musculaire dans la gamme des courants médicaux. Il s’agit d’un programme préconçu de vingt-cinq minutes comportant trois phases : une première phase d’échauffement de cinq minutes, la deuxième de quinze minutes pour le renforcement et enfin une troisième de cinq minutes pour le retour au calme. Nous avons réalisé trois séances à intervalle de 72 heures. 1.3.2- Évaluation des paramètres de la récupération L’évaluation des paramètres fonctionnels et cliniques a été faite au début, trois jours, cinq jours et douze semaines après le début à l’aide de l’application Medicalcul par les médecins soignants avec qui nous avons travaillé durant le séjour au service de neurologie. Au total, quatre tests ont été réalisés à l’aide de deux outils : l’index de Barthel et le score de Ranking modifié qui sont indiqués pour évaluer l’indépendance fonctionnelle des patients. 1.4- Analyse statique Les données recueillies ont été enregistrés dans le logiciel Excel. L’analyse statistique a été réalisée avec le logiciel GRAPH-PAD. Les statistiques descriptives ont permis de calculer les moyennes plus ou moins erreur standard. Les tests statistiques Anova mesures répétées ont permis de faire la comparaison des différentes variables. Le seuil de significativité a été fixé à p<0,05. RESULTATS Caractéristiques de la population d’étude Le présent travail de recherche a concerné vingt patients qui ont suivi toutes les étapes de l’étude dont dix-sept (17) hommes soit 85% et trois (03) femmes soit 15% pour les femmes (Figure3). L’âge en moyenne est de 49 ± 6 ans avec des extrêmes de 43 à 71 ans, de taille 171± 6 cm. Pour cette étude nous avons enregistré 13 AVC Ischémiques (AVCI) soit 65% contre 7 AVCH soit 35% avec un ratio de 4 femmes versus 9 hommes pour les AVCI ce qui représente un pourcentage de 30.77% pour les femmes contre 69.23% pour les hommes. Pour les AVCH, nous avons 3 femmes contre 4 Hommes pour un pourcentage de 42.85% pour les femmes contre 57.15% pour les hommes. Evolution des paramètres cliniques des patients de l’étude Les figures 5, 6 et 7, révèlent l’évolution de la pression diastolique, systolique ainsi que la cinétique de la variation de la pression sanguine chez les patients entre le cinquième jour (J5) et le premier jour (J0). Les données ainsi obtenus indiquent que les valeurs systoliques et diastoliques au début étaient supérieures aux valeurs de référence Valeurs de référence de la pression Systolique et diastolique qui sont 120/80mmHg (figures 5, 6). Ces valeurs ont connu une baisse significative à J5, comparées aux Pressions de départ à J0. En effet, la valeur moyenne de la pression systolique qui était de 200mmHg à J0 est passée à 120mmHg à J5. Il en est de même que la valeur diastolique qui est passée de 130mmHg à 90mmHg sur la même période. La cinétique de la variation des pressions sanguines, illustrée par la figure 7, montre qu’à J2, les pressions étaient encore suffisamment proches des valeurs de départ à J0 (p > 0,05). C’est donc durant les trois derniers jours, entre J2 et J5, que les pressions sanguines ont significativement baissées (p<0,01 ; p<0,001), passant de 130mmhg à 90mmhg qui est proche de la valeur de référence comme l’indique la Figure 7. Évaluation des paramètres de la récupération Pour ce qui concerne l’évaluation des paramètres de la récupération, les figures 8 et 9 illustrent l’évolution des paramètres fonctionnels étudiés. Les résultats indiquent que tous les patients à l’admission ont des difficultés de mobilité. L’index de Barthel, avec les valeurs moyennes faibles autour de 20 ont connu une légère augmentation à J2 (P<0,05), cette évolution est passée à significative à J5 (p<0,01), et très significative à J82 avec un score de 75 (P<0,001) comparées à J0. En effet, l’index de Barthel permet de vérifier l’état de santé des patients à l’entrée. Ainsi, plus la valeur est élevée, mieux le patient se porte. Nous pouvons dire avec assurance que cette évolution du score de l’index de Barthel traduit une diminution du handicap et par conséquent augmente le niveau d’indépendance des patients. L’utilisation du score de Rankin modifié confirme les résultats obtenus par la mesure de l’index de Barthel. Ici, les variations significatives sont obtenues à J5 et J82 (P<0,001) comparées à J0 alors que pour le Rankin modifié. En effet les valeurs sont passé de 4,8 à 2,5 traduisant le passage d’un handicap sévère à un handicap modéré. Ceci nous permet de conclure que moins la valeur est élevée, mieux le sujet se porte. DISCUSSION Les résultats de la présente étude confrontés aux données de la littérature nous permettent de faire des rapprochements sur plusieurs aspects de l’étude. Concernant le sexe, les résultats sont conformes à ceux obtenus par Balogou et al. [5]. Le faible taux des femmes s’explique par deux raisons : elles ont le bénéfice de l’effet inhibiteur de l’œstrogène [19]. Cette hormone aurait en effet un rôle de protection des fonctions cardiovasculaires chez la femme. La deuxième raison est liée à leur statut de mère; de ce fait elles n’ont pas la possibilité à prendre la décision d’accepter de participer à cette étude sans l’accord du mari ou d’un autre membre de la famille. Cette situation ne permettait plus de respecter le délai d’inclusion qui est la phase aiguë ou subaiguë. L’analyse des résultats obtenus avec l’index de Barthel et le Rankin modifié illustrent l’acquisition progressive de l’autonomie des patients. Cet état s’explique à travers la réalisation de quelques gestes de la vie sans être capable de marcher dès le troisième au cinquième jour. Toutefois à la fin des douze semaines plus de 75 % des patients ont commencé par marcher avec des niveaux variés d’autonomie. Les résultats ainsi obtenus sont conformes aux conclusions de plusieurs études réalisées pour évaluer l’effet de la stimulation neuromusculaire sur les paramètres de la récupération post AVC. Ces résultats s’expliquent par l’amélioration de l’excitabilité et de la sensibilité nerveuse. D’une manière générale, la restauration de la fonctionnalité des membres par la prise en charge à travers les méthodes physiques passe par la restauration de la masse et de la force musculaire [22,16]. Ces résultats s’expliquent par l’apparition des adaptations neuromusculaires suivantes : une augmentation de l’activité des unités motrices, une meilleure synchronisation des unités motrices, conduisant à une potentialisation de l’activité réflexe. La restauration de la motricité passe par la récupération fonctionnelle qui détermine progressivement le retour à l’autonomie Au regard des conclusions des études de Ryan et al [16], Zou et al [22], il est possible d’envisager une récupération rapide lorsque la prise en charge intervient au plus tôt de la maladie. Telle a été la projection faite par Aze et al [3] suite à leur étude sur « Performance de marche de patients hémiplégiques après AVC : Déterminants, Réentrainement et Neuromodulation » afin d’aider les patients à vite récupérer de leur handicap. Dans cette même perspective, Martin et al. [11], ont démontré que de pareils programmes se révèlent bénéfiques car ils favorisent l’augmentation de la force musculaire grâce aux adaptations neuromusculaires qui s’y produisent. L’efficacité de la stimulation électrique musculaire sur les membres inférieurs des patients hémiplégiques après un accident vasculaire cérébral en phase chronique a été prouvée par Zhongqiu et al. [21]. Cette efficacité est la conséquence des changements cérébraux, fonctionnels et structurels induits par l’activité ou les stimulations répétées qui induisent des modifications au niveau synaptique et cortical connu sous le nom de neuroplasticité. Les résultats obtenus dans la présente étude sont conformes à ceux obtenus par Zhongqiu, et al. [21]. qui ont évalué l’effet de la neurostimulation sur la fonction motrice pour un programme de 6 à 12 semaines chez des patients AVC en phase chronique. Parallèlement, Andrea et al. [1], ont prouvé que la stimulation neuromusculaire restaure les fonctions sensori-motrices chez les survivants d’un accident vasculaire cérébral en phase chronique. Dans les mêmes perspectives de restauration des fonctions motrices, Lamine et al. [10], ont dans une étude sur l’évaluation du pronostic fonctionnel après un accident vasculaire cérébral au service de neurologie de l’hôpital national « Ignace Deen » de Conakry, sur 102 patients, ont obtenu une récupération fonctionnelle significativement meilleure dans les cas d’AVC hémorragique par rapport aux AVC ischémiques. Ainsi l’utilisation de la neurostimulation dans la prise en charge des patients post AVC, vient soutenir le patient en stimulant les mouvements qu’il a des difficultés à effectuer de façon autonome. Dans cette perspective, une étude a exploré cet avantage à travers la stimulation de l’abducteur de l’hallux dans une étude expérimentale contrôlée. En conclusion, Le groupe expérimental a amélioré la force musculaire significativement (p=0.002) à la suite de l’expérimentation comparativement au groupe contrôle [18]. Nous comprenons à travers ces résultats l’amélioration de l’état global de santé de ces patients qui le cas de notre étude ont été pris en phase aigüe et subaigüe contrairement à ceux des études antérieures qui ont été pris en phase chronique. D’une manière global nous pouvons conclure que l’utilisation de l’électrostimulation favorise l’activité des muscles à travers l’activation des circuits neuromoteurs ce qui facilite l’activité des synapses au niveau effecteur. CONCLUSION Les conséquences induites par les AVC sont à redouter sur tous les plans. Le présent travail de recherche nous prouve que l’utilisation de la stimulation neuromusculaire permet aux patients de récupérer assez vite ses fonctions sensori-motrices, ceci améliore son autonomie dans les gestes quotidiens. En somme, si la plupart des résultats des travaux sont réalisés sur des patients en phase chronique, nos résultats sont obtenus en phase subaiguë. Ainsi, avec de tels résultats, on peut espérer des valeurs plus significatives si la prise en charge est faite au plus tôt de l’AVC et sur une longue période de manière rationnelle. Nous envisageons à la suite de cette étude, proceder à l’évaluation des paramètres biologiques et biochimiques afín de conforter les résultats de l’évaluation fonctionnelle. REMERCIEMENTS Nous tennons à exprimer nos remerciements à tous les patients qui ont consentís à participer à la presente étude, au chef du service de neurologie du CHU Campus ainsi que son personnel pour les facilités qu’ils nous ont apporté. Nous n’oublions pas le laboratoire de biologie animale le la faculté des sciences de l’Université de Lomé pour son appui et accompagnement. CONFLIT D’INTÉRÊT Les auteurs déclarent n’avoir aucun conflit d’intérêt associé à cette publication. ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() Introduction Le fardeau des maladies neurologiques est en constante hausse dans les pays en développement en raison de l’augmentation de l’espérance de vie, mais aussi de l’insuffisance de ressources humaines et d’infrastructures sanitaires adaptées [1, 20, 21]. Les affections neurologiques représentent la 1ère cause d’années de vie perdues (276 millions), la deuxième cause de décès dans le monde avec 9 millions de décès et elles sont responsables de plus de 6 % de la charge mondiale de morbidité des maladies [9]. Il est indispensable de connaître le poids de ces affections en milieu tropical. En Afrique, elles occupent près de 20 % des admissions médicales et leur distribution varie d’un pays à l’autre mais avec un poids élevé des maladies cérébrovasculaires [16, 19]. Au Nigeria 22 % de la totalité des décès sont dues aux affections neurologiques et la mortalité la plus élevée est liée à l’accident vasculaire cérébral (AVC) [19]. En Tanzanie sur une période de 2007 à 2013, les troubles neurologiques les plus fréquents en milieu hospitalier étaient les maladies cérébrovasculaires (19,9 %), la paraplégie (13,6 %) et les neuropathies périphériques (8 %) [1]. Aussi la fréquence de ces affections peut être influencée par le profil saisonnier même si cette relation reste sujet à controverse. Par exemple, les migraines, sont aggravées par la lumière de l’été et lors des périodes froides [22]; tandis que le risque d’AVC peut augmenter en fonction des variations brusques de la température [6]. La distribution des affections neurologiques varie selon que l’on soit en population générale ou en milieu hospitalier. Au Bénin, en population générale au sud du pays les affections neurologiques majeurs ont une prévalence élevée (40,5%) dont 35,6% de céphalées et 4,3% de neuropathie périphérique [11]. Tandis qu’en milieu hospitalier les affections neurologiques les plus courantes au Centre National Hospitalier Universitaire de Cotonou étaient les AVC (44,4%) et les méningo-encéphalites (8,6%) [10]. En population générale à Parakou au Nord du Bénin en 2014, la prévalence des affections neurologiques était de 45,4% dont 26,9% de céphalées de tension, 14,3% de migraine et 5,6% de neuropathie périphérique [2]. La distribution de ces affections en milieu hospitalier à Parakou n’est pas connue, ce qui rend moins aisé la comparaison des données entre le nord et le sud du Bénin. De même, aucune étude intra hospitalière n’a été conduite pour répondre à la question d’analyse du profil épidémiologique saisonnier des affections neurologiques. Pourtant la connaissance de ce profil saisonnier permettrait de mieux orienter les politiques en matière de prévention, d’ajuster les ressources pour le dépistage et la prise en charge de ces affections.Cette étude a donc été menée avec comme objectif de déterminer la fréquence des principales affections neurologiques au CHUD B/A de Parakou. Matériels et méthodes L’unité de neurologie du Centre Hospitalier Universitaire et Départemental du Borgou/Alibori (CHUD B/A) de Parakou au nord du Bénin a servi de cadre pour la réalisation de cette étude. Le CHUD B/A est l’unique service hospitalier de prise en charge des affections neurologiques au nord du Bénin et où servaient au moment de l’étude 3 neurologues que sont les auteurs AM, SA et AT. Le climat du Nord du Bénin est un climat tropical avec une saison sèche allant du mois de novembre au mois d’avril et une saison pluvieuse allant du mois de mai au mois d’octobre. Il s’agissait d’une étude rétrospective descriptive portant sur les dossiers de tous les patients hospitalisés ou suivis en consultation dans l’unité de neurologie du CHUD B/A entre le 1er janvier 2018 et le 31 juillet 2022. Etaient inclus les dossiers des patients atteints d’une des affections neurologiques classées selon les chapitres 6 (troubles mentaux, comportementaux ou neurodéveloppementaux), 7 (troubles du cycle veille-sommeil) et 8 (maladies du système nerveux) de la 11ème édition de la classification internationale des maladies (CIM-11). Les dossiers non retrouvés, incomplets, illisibles et ceux dans lesquels le diagnostic n’était pas posé (bilan non réalisé ne permettant pas de retenir un diagnostic et/ou patient perdu de vue après la première consultation avant que le diagnostic ne soit retenu) ont été exclus. L’échantillonnage était exhaustif à partir des registres d’admission en neurologie. Tous les diagnostics retenus dans cette étude ont été validés par l’un des neurologues de l’unité. Le diagnostic d’AVC était retenu sur la brutalité de survenue d’un trouble neurologique associé ou non à une imagerie cérébrale caractéristique. L’épilepsie a été retenu sur la base des critères de la Ligue Internationale Contre l’Epilepsie (LICE). Quant à la sciatalgie et la névralgie cervico-brachiale, il était question de douleur radiculaire traçant des trajets nerveux. La céphalée avait été retenue dans les cas de douleurs de l’extrémité céphalique et classifiée selon les critères de la 3ème classification internationale des céphalées (ICHD-3 beta) de 2013. Le diagnostic des neuropathies périphériques était basé sur la présence de troubles sensitifs subjectifs/objectifs associé à un trouble des réflexes ostéo-tendineux, un trouble moteur et/ou des signes à l’électroneuromyogramme. Les données socio-démographiques, cliniques et paracliniques ont été collectées du 01 mai au 31 juillet 2022 à partir d’une fiche de dépouillement préétablie et testée, puis validées. La saisie a été faite à l’aide de l’application Kobocollect, l’extraction et l’analyse des données ont été réalisées à l’aide du logiciel STATA Version 15.1. Les dossiers avec données manquantes ont été éliminés, les fréquences et moyennes ont été calculées. L’autorisation des responsables du CHUD B/A et de l’unité de neurologie a été obtenu avant le début de la collecte, l’anonymat et la confidentialité des données a été assurée. Résultats Au cours de la période d’étude, 1733 dossiers de patients ont été inclus dont 1185 en consultation soit 68,38% et 548 en hospitalisation soit 31,62%. L’âge moyen des patients était de 47,04 +/- 19,49 ans [1-97 ans] avec une prédominance masculine soit 53,78% et une sex-ratio de 1,16. Les principaux facteurs de risque vasculaire étaient l’hypertension artérielle (37,97%), la dyslipidémie (11,89%) et le diabète type 2 (10,56%). La fréquence de l’infection à VIH était de 1,23%. Le délai d’admission des patients hospitalisés était de moins de 24 heures pour 29,14% et plus de 7 jours pour 22,63% ; tandis que le délai de consultation était de plus de 30 jours après le début des symptômes chez 61,01% des patients. Les motifs d’admission en hospitalisation et en consultation les plus fréquents étaient respectivement le déficit moteur (66,61%) et la douleur rachidienne (74,18%). (Figures 1a et 1b). En hospitalisation, sur les 548 patients, l’AVC (75,72%) suivi des méningo-encéphalites (3,64%) étaient les affections neurologiques les plus fréquentes. Sur l’ensemble des 1185 patients vus en consultation, la fréquence des principales affections neurologiques était de 27,42% pour les lombosciatalgies ; 17,80% pour l’épilepsie ; 14,68% pour la névralgie cervico-brachiale et 13,16% pour les neuropathies périphériques. Ainsi, la répartition des principaux groupes d’affections qui prédominaient en hospitalisation et en consultation selon la classification CIM-11 a été rapporté dans le tableau I. Les topographies les plus fréquemment touchées par ordre de fréquence étaient l’encéphale 54,6%, les nerfs périphériques 42,29% et la moelle épinière 1,61%. Les étiologies étaient dégénératives au niveau du rachis 30,06%, vasculaire 29,20%, infectieuse 2,71%, tumorale 0,40%, iatrogène 0,17% et indéterminée 37,46%. Quant au profil saisonnier des affections neurologiques majeures que sont l’AVC, l’épilepsie et les céphalées, sur la période de 4 ans allant du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2021, la saison pluvieuse (mois de mai à septembre) enregistrait plus d’admission de cas d’AVC 54,6%, d’épilepsie 58,24% ; tandis que 55,88% des cas de céphalées ont été admis pendant la saison sèche (mois d’octobre à avril) (figure 2). La plupart des patients après un séjour en hospitalisation d’une durée moyenne de 8,49 jours [1-147 jours], retournaient à domicile dans 70,62% de cas. Le taux de mortalité globale était de 9,2%. Discussion Le motif d’hospitalisation le plus fréquent en neurologie à Parakou est le déficit moteur comme rapporté dans d’autres pays africains [16, 19]. Au Cameroun en 2015 les auteurs rapportaient comme principale plainte neurologique les céphalées, vu que leur étude a été conduite dans le service des urgences [17]. Quant au motif de consultation prédominant dans notre série, il s’agissait des douleurs rachidiennes suivis des troubles sensitifs subjectifs. Pourtant la plupart des études africaines soulignent la fréquence des céphalées comme premier motif de consultation en neurologie [1, 21] ou les crises convulsives [5, 14]. Cette différence est probablement due à la fréquence élevée des pathologies dégénératives rachidiennes dans notre milieu d’exercice, en raison du manque d’éducation ou de sensibilisation sur l’hygiène du rachis d’une part, mais aussi de la proportion non négligeable d’agriculteurs et de travailleurs postés. En hospitalisation, la prédominance des AVC et des meningo-encéphalites observée dans cette étude est comparable aux données locales. En effet en 2013 à Cotonou les affections prédominantes dans l’unité de neurologie du CNHU-HKM étaient l’AVC 44,4% et les méningo-encéphalites 8,6% [10]. Une étude de suivi de cohorte au CHUD B/A de Parakou en 2020 avait rapporté 51,5% d’AVC [2]. De même au Ghana en 2016 comme au Nigéria en 2021, les AVC sont l’affection neurologique principale en hospitalisation [8, 20]. En Tanzanie, les AVC sont aussi les affections prédominantes mais avec une fréquence moins élevée (19,9%), suivis de la paraplégie (13,6%) et des neuropathies périphériques (8%) [12]. La prédominance des AVC en Afrique s’explique par la transition épidémiologique observée en matière de santé publique avec une prépondérance des facteurs de risque vasculaires surtout l’hypertension artérielle ; ces derniers étant souvent méconnus par les populations [4]. Les pathologies infectieuses constituées des atteintes de l’encéphale et des méninges 6,93% (méningite, encéphalite et méningo-encéphalite) et les atteintes nerveuses périphériques 2% (polyneuradiculopathie, myélite) étaient la deuxième cause d’hospitalisation en neurologie au CHUD B/A de Parakou. En Côte d’ivoire on retrouve aussi la pathologie infectieuse comme affection principale après les AVC mais avec une fréquence bien plus élevée 29,8% [7]. Cette faible fréquence des affections neurologiques d’origine infectieuse de notre étude est liée au processus de tri des urgences et s’explique par le fait que la prise en charge de ces patients est partagée entre la neurologie et le service de médecine interne qui dispose en son sein d’un médecin infectiologue. Dans notre série, en consultation les sciatalgies occupent la première place des affections neurologiques, suivi des épilepsies, des neuropathies périphériques et des céphalées. En Tanzanie certains auteurs rapportent plutôt une prédominance des convulsions fébriles [23]. Cette différence est probablement liée au fait que leur étude se déroule en milieu hospitalier rural et non spécialisé où les maladies tropicales infectieuses sont courantes. Aussi, les convulsions fébriles étant essentiellement rencontrées chez les enfants, leur fréquence est mieux évaluée dans le service de pédiatrie qui est le premier recours pour cette affection dans notre contexte d’exercice à Parakou. L’étiologie dégénérative rachidienne prédominait en consultation à Parakou liée aux facteurs de risque professionnels retrouvés dans le milieu et soulignant ainsi les efforts à faire pour la sensibilisation des populations sur l’hygiène du rachis. La prévalence du VIH dans notre série était de 1,23%. Cette séroprévalence est inférieure au 3,6% retrouvée dans la série de Cotonou [10], mais reflète la prévalence nationale de l’infection au VIH au Bénin qui était de 1,55% en 2017 [18]. En Tanzanie en 2019, près de 20,5% des patients reçus en neurologie étaient séropositifs en rapport avec la forte seroprévalence du VIH dans ce pays [16]. Le délai d’admission est de moins de 24 heures pour le tiers des patients et plus de 7 jours pour 22,63% des patients hospitalisées dans notre série. A Cotonou en 2013 le délai d’admission était en moyenne de 17 jours [10]. Une amélioration du délai de consultation est remarquée au fil des années au Bénin, en raison de l’intensification des sensibilisations sur les maladies en général à travers les mass médias et réseaux sociaux. Ceci a eu comme impact d’améliorer le recours rapide aux soins de la médecine conventionnel même si l’itinéraire thérapeutique d’un patient sur deux est toujours vers la médecine traditionnelle [3]. La distribution des affections neurologiques selon les saisons est difficilement définissable. Dans notre étude 54,6% des AVC ont été enregistrés en saison pluvieuse, saison où les températures moyennes sont plus basses. Dans le registre dijonnais des AVC, une baisse estivale de tous les sous-types d’AVC, avec une différence significative entre les saisons pour l’infarctus cérébral, l’infarctus cardioembolique et l’infarctus athérothrombotique des grosses artères, ainsi que pour le total des AVC a été rapporté [15]. Par contre en Tunisie, l’été était la saison à plus haut risque cérébrovasculaire et, les brusques changements climatiques augmentaient le risque d’AVC [6]. Au Congo les auteurs n’ont pas retrouvé un lien significatif entre les saisons classiques de Kinshasa et la morbidité des AVC [13]. Quant aux céphalées, c’est en saison sèche où la température est en hausse que la plupart des cas sont recensés à Parakou. En effet l’augmentation de 5 degrés Celsius de la température serait associée à une augmentation des visites aux urgences pour céphalée [22]. Le taux de mortalité globale (9,2%) noté dans cette étude est plus faible comparée à la mortalité rapportée à Cotonou en 2010 (11,2%) [10]. Ceci se justifie par l’amélioration globale de la prise en charge avec un affinement des outils et moyens diagnostics en neurologie, de même que l’augmentation du nombre de neurologues passé de 1 en 2010 à 3 une vingtaine d’années plus tard. Ce taux reste néanmoins élevé et est surtout attribuée aux AVC comme le confirme le rapport sur la charge mondiale des maladies neurologiques [9]. Limites Les limites de cette étude sont liées aux difficultés inhérentes au caractère rétrospectif de l’étude notamment les données manquantes, les dossiers illisibles ou non retrouvés vu la non digitalisation du système d’archivage, ceci ayant entrainé l’exclusion de nombre de dossiers. Le caractère uniquement descriptif de notre étude ne permet pas d’établir un lien significatif entre les saisons et certaines affections neurologiques. Contributions des auteurs SA et AC ont collectés les données; AM et AT ont validés les données ; KO a extrait, analysé et interprété les données ; AM, HR et MS ont rédigé et révisé le manuscrit ; AM et AT ont conceptualisés l’étude et ont validé le contenu du manuscrit pour publication. Conclusion Les affections neurologiques sont fréquentes. L’AVC demeure le premier motif d’hospitalisation dans le service de neurologie et rencontré surtout en saison pluvieuse avec pour principal facteur de risque, l’HTA. En consultation la lombosciatalgie, l’épilepsie, la névralgie cervico-brachiale et les neuropathies périphériques sont les affections neurologiques les plus fréquentes. La mortalité hospitalière globale est en baisse. Néanmoins une campagne globale de dépistage des facteurs de risque vasculaire et une amélioration du système sanitaire est indispensable pour la réduction de la fréquence de ces affections neurologiques. ![]() ![]() ![]() ![]() Wilson’s disease (WD) also known as hepatolenticular degeneration is a rare genetic disorder. It was first described in 1912 by Dr Samuel Alexander Kinnier-Wilson [14]. Prevalence varies from 1 in 30,000 to 1 in 50,000, with no sexual or ethnic predominance [10]. It is a monogenic, autosomal recessively inherited condition. The causative gene ATPase 7B located on chromosome 13 and encodes a copper-transporting P-type ATPase [12]. Dysfunction of ATPase 7B leads to reduced biliary excretion of copper, resulting in toxic accumulation of free copper, initially in the liver and secondarily in other organs (central nervous system, haematological, cardiac, renal, endocrine and musculoskeletal systems) [4]. Wilson’s disease presents a variety of clinical phenotypes. Thus, it can be the differential diagnosis of hepatic, neurological or neuropsychiatric pathologies [11]. It can therefore be misdiagnosed or missed from the start, due to the broad spectrum of symptoms. We present the case of a 20-year-old young man in neurology at the Libreville University Hospital, who was diagnosed with WD in the context of drug addiction. Case Report The case involved a 20-year-old man who had been using cannabis, alcohol and morphine for 1 month. He reported a tendency towards aggressiveness and had left the family home 1 month earlier. Found by the side of the road, he was taken to emergency by road users. The ideomotor slowing and tremor suggested toxic encephalopathy as the most likely hypothesis. Cerebral CT (Computed Tomography) showed hypodensity in the midbrain. The patient was transferred to neurology, where examination revealed anarthria, a kineto-rigid parkinsonian syndrome and a dystonic posture. Cerebral MRI (Magnetic Resonance Imaging) showed bilateral, symmetrical lesions, centropontically located, in the cerebral peduncles and in the lenticular nuclei, hypersignal T2, hyposignal T1, without contrast (figures 1, 2). But also, the symmetrical hyperintensities in both halves of midbrain and periaqueductal gray matter with hypointense red nuclei and subtantia nigra (figure 3). Biological tests showed no ionic disturbances or cytolysis syndrome. Gamma GT and alkaline phosphatase levels were 4 times higher than normal. Abdominal ultrasonography revealed a heterogeneous dysmorphic liver of normal size with micro-bosselated contours. In the hypothesis of Wilson’s disease, the Kayser Fleischer ring was sought and observed with a slit lamp. Ceruloplasmin and cupremia were down respectively to 0.03 g/l and 4.92 µmol/l. An increase in the exchangeable copper ratio (ECR) to 49.8% was noted. Cerebrospinal fluid copper was increased to 86.8 µg/l and ATP 7B mutation was found. Anti-neuronal antibodies and urinary toxins were negative. Symptomatic treatment with a combination of levodopa and carbidopa 100/10 mg was started at a progressive dose, with dose increases every 5 days. The patient was evacuated to Morocco. He is currently on D-penicillamine with progressive dose adjustment and 24-hour cupruria monitoring. The clinical and biological course was favourable after 1 week. Family screening was refused. WD is present at birth, symptoms most often appear between the ages of 6 and 20, but the onset may be later in life [1]. Our patient also presented manifestations during the second decade of life. The clinical feature is polymorphous. However, its main manifestations are hepatic (40–60%), neurological (40–50%) and psychiatric (10–25%). Most patients present with hepatic manifestations in the second decade of life, while some are diagnosed in the third and fourth decades on the basis of neurological or psychiatric signs [8,7]. The neurological symptoms of WD are varied, but most refer to the dysfunction of the extrapyramidal system as in our patient’s case [4]. The neuropsychiatric symptoms of WD vary widely among individual patients. These symptoms can be confused with other disorders ranging from depression to schizophrenia, and are often misdiagnosed as substance abuse. Indeed, in our case drug consumption masked the diagnosis of WD. The presence of the Kayser Fleischer ring helped to orient the diagnosis towards Wilson’s disease, the most important diagnostic sign observed in over 90% of patients. Brain MRI is characteristic, showing the ‘classic giant panda face sign’. First described in 1991 by Hitoshi, this imaging finding is highly specific but rare in WD [15,6]. It is characterised by T2 hypersignals surrounding the red nuclei and substantia nigra [1]. Other signs include symmetrical hypersignals of the basal ganglia, thalamus, and brainstem on T2 or FLAIR sequences, as observed in our patient. Diffuse cerebral atrophy is frequently found in white matter patients. Hypersignals of the substance can lead to misdiagnosis. Indeed, they may suggest metabolic disorders such as hepatic or uraemic encephalopathy, methanol intoxication or extra pontine myelinolysis. Mitochondrial diseases are also cited (Leigh’s disease), as are infectious causes and many others [13]. No laboratory test is currently considered to be perfect and specific for WD. It is notable that clinical symptoms may be absent in the majority of patients. The Leipzig score, a diagnostic score based on all available tests proposed by the working group of the 8th International Meeting on WD, has been demonstrated to offer satisfactory diagnostic accuracy [5]. Although WD occurs in people of all ethnic backgrounds, certain populations, such as those of European, Mediterranean, or Asian origin may be more frequently affected due to genetic predisposition. A limited number of cases have been documented in the sub-Saharan region in recent decades [2]. It is likely that the prevalence of the disease in our region is underestimated due to the lack of accessible diagnostic methods. Indeed, the biological workup of our patient was sent abroad for analysis, as the requisite diagnostic tests are not available in the region. Unless measures are taken to eliminate excess copper, WD is fatal. This can be achieved either by copper chelation or by blocking intestinal copper absorption with zinc. It is recommended that family members of the index case be systematically screened in order to identify and treat early symptomatic and asymptomatic cases. In the case presented here, the family chose not to know their status, due to socio-cultural considerations in the African context, and so the test was not carried out. The aim of this case study is to clarify whether there is an association between Wilson’s disease and the use of cannabis, alcohol and morphine. To determine whether the neuropsychiatric manifestations are exacerbated by the use of these substances. As mentioned by Raianny et al., in a patient with WD and a marijuana user. They suggested that marijuana may have increased copper deposition in the central nervous system (CNS) and led to the onset of neuropsychiatric manifestations [9]. Cannabis, alcohol, or morphine may be responsible for psychiatric manifestations [12]. They are also metabolised by the liver. They probably increased the deposition of copper in the CNS. Conclusion Wilson’s disease is a rare, polymorphic disorder. It can mimic several toxic, metabolic, degenerative, inflammatory, and infectious diseases. However, brain MRI significantly increases the probability of diagnosis, with the pathognomonic ‘giant panda’ sign. Early treatment improves prognosis. It may be an underestimated affection due to diagnostic difficulties and costly therapy. Statement of EthicsStudy approval statement: ethics approval was not required Consent to publish the statement: Verbal informed consent was obtained from the patient for publication of case details and accompanying images.Conflict of Interest StatementThe authors have no conflicts of interest to declare.![]() ![]() Articles récents
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